jeudi 16 juin 2016

SEJAK(s)


 Sejak 2016 – Eclos
Sparrow’s Tongue 2015 – Postcard Teas


Depuis que j’ai reçu mon sachet de Sejak de l’Eclos, il y a un mois, je l’ai goûté à plusieurs reprises en utilisant différents paramètres et ustensiles, il ne me reste maintenant plus que quelques grammes… de quoi le comparer avec le Sejak de Postcard Teas. Malheureusement il ne s’agit pas du même millésime, mais mon Sejak PT a été conservé sous vide, ses qualités sont bien préservées.

Sejak 2016
Fournisseur : Eclos
Provenance: Corée – La vallée de Hwagae (Jirisan)
Récolte : printemps 2016
Achat : 2016
Prix: 0,40 € /le gramme


Jakseol Cha « Sparrow’s Tongue » 2015
Producteur : Dong Cheon
Travail effectué dans une coopérative de 88 fermiers qui travaillent en utilisant des méthodes traditionnelles
Fournisseur : Postcard Teas
Provenance: Corée – La vallée de Hwagae (Jirisan)
Superficie : 0,20 hectares
Production : Agriculture sans pesticides
Cueillette : récolté à la main au printemps 2015 (première semaine de mai).
Théiers : Camellia Sinensis Sinensis semi-sauvages de Hadong
Achat : 2016
Prix: 0,40 € /le gramme

Paramètres
Dosage : 1,5 Gramme dans les Gaiwan de 5 cl.
Température : 80°


Feuilles sèches
Sejak 2016 - Eclos
Feuilles vert clair, mates, la torsion des feuilles est aérée.


Sparrow’s Tongue 2015 – Postcard Teas
Feuilles vertes aux reflets dorés, le roulage est plus serré.


Première infusion :
Sejak 2016 - Eclos
Texture : Onctueux avec une fine astringence en fin de bouche
Saveur : Sucré en attaque, on sent une amertume très légère qui se développe.
Notes : Châtaignes, pâte d’amande, épices (cannelle, girofle), miel de fleurs.
Il laisse une impression générale de thé « gourmand ».


Sparrow’s Tongue 2015 – Postcard Teas
Texture : Très rond, sans accros.
Saveur : Il est sucré avec une fine acidité.
Notes : Ce thé développe un côté beaucoup plus végétal : légume cuits, végétal/ floral. Mais aussi fruité avec des notes de noisettes grillées rappelant un bon Long Jing.
L’impression générale est celle d’un thé plus vif aux accents de Long Jing.


Deuxième infusion :
Sejak 2016 - Eclos
Les notes de têtes sont toujours présentes mais moins intensément. Par contre la texture devient beaucoup plus douce (très épaisse, presque grasse). Il est toujours très bon mais un petit peu plus écœurant.



Sparrow’s Tongue 2015 – Postcard Teas
Pour cette deuxième infusion, il se révèle beaucoup plus que le Sejak Eclos. Il est plus aromatique, sa texture est ronde ample et il développe un pôle minéral beaucoup plus marqué qui le rend incisif. Les feuilles moins ouvertes lors de la première infusion ont libéré un plus grand potentiel pour cette deuxième infusion.

Troisième infusion :
Sejak 2016 - Eclos
Sparrow’s Tongue 2015 – Postcard Teas
Rien a signalé en particulier, les deux thés semblent se fondre dans une texture et des notes assez proches.

Conclusion
Ces deux thés sont d’une grande qualité. Et le prix est absolument similaire ce qui rend la comparaison plus difficile mais plus intéressante car je ne peux même pas me laisser influencer par le rapport qualité prix.
J’ai été étonné par la couleur quasiment semblable de leurs robes. Sinon au niveau des notes et de la texture ils sont profondément différents. J’ai préféré le Sejak pour son originalité et sa complexité aromatique, j’ai beaucoup aimé le Postcard Teas pour sa pureté et son endurance plus marquée. C’est presque un match nul avec une petite préférence quand même pour le Sejak Eclos.




mardi 14 juin 2016

Jun Shan Yin Zhen - Nannuoshan



Famille de thé: Huang Cha
Région, Climat : Hunan
Fournisseur : Nannuoshan   
Achat : 2016
Prix : 0,70 € / le gramme


PARAMÈTRES
3 grammes / 10 cl / eau 75- 80°

Dimanche dernier j’ai participé à l’atelier organisé à Paris par Gabriele de Nannuoshan. Nous avons bu de bons thés (parmi lesquels un Puerh dont je me souviendrai longtemps !), après quoi je suis reparti avec 25 grammes de Jun Shan Yin Zhen. 
Au vu de son prix si bas la curiosité était trop forte !

 

DÉGUSTATION
Feuilles sèches : dorées aux reflets bruns.
Porcelaine chaude : Notes miellées qui rappellent les bourgeons de Dian Hong.
Texture : Rond, épais
Saveur :  sucré


Il me fait penser à un Yin Zhen par sa texture et ses notes aromatiques : végétal sec, raisins cuits et noisettes. Mais il révèle parallèlement un côté beaucoup plus miellé, vanillé avec des notes de roses séchées.
C’est assez original de dire ça pour un thé jaune, mais celui-ci est d’un bon rapport qualité prix. Il s’agit d’un Jun Shan Yin Zhen bon marché qui offre une jolie porte d’entrée pour découvrir l’univers des thés jaunes sans y laisser un rein, puisque la plupart seront au minimum à 1 euro le gramme (ce qui reste très peu cher ! voir suspect !) Tandis que certains afficheront 4 euros le gramme ce qui semble tout à fait « normal » pour un thé aussi rare ! Ce thé proposé par Nannuoshan n’offre pas la même expérience gustative certes, mais le rapport qualité-prix est intéressant et très honnête ! Au fil des infusions la texture ne faiblit pas et son goût est toujours très agréable.


D’ailleurs pendant cette rencontre j’ai trouvé tous les thés proposés très agréables, avec une mention spéciale pour le thé vert de Huang Shan, le Zhengshan Xiaozhong et le wulong du Fujian que je présenterai bientôt…





mardi 10 mai 2016

Dégustation comparative de quatre rochers - Postcard Teas (Suite)


La dernière fois, je m’étais amusé à comparer trois cultivars / terroirs différents du même producteur, Master Xu: 

MASTER XU’S 100 YEARS OLD SHUI XIAN 水仙 2014 
MASTER XU’S GOLD BUDDHA 金佛 2013
MASTER XU’S 100 YEARS OLD SHUI XIAN 水仙 2012

Le Gold Buddha 2013 m’avait tout particulièrement plu. Aujourd’hui j’ai recommencé mes tests. Cette fois-ci il s’agit de comparer deux millésimes différents de Gold Buddha : le millésime 2013 et le millésime 2014, afin de déterminer si c’est le cépage ou le millésime que j’ai aimé. J’en profite pour comparer le millésime 2014 à travers trois déclinaisons de  Yancha : le Gold Buddha bien sûr, le Shui Xian que j’avais déjà testé la dernière fois et le Da Hong Pao que j’ai reçu en échantillon.

Voici donc ma dégustation du jour: 
trois terroirs et cultivars, des torréfactions différentes, deux millésimes (2013-2014), un seul producteur.

MASTER XU’S GOLD BUDDHA 金佛 2013
Lieu de production :  Jiu Long Ke
Cultivar :  Jin Fo 
Traitement: Forte torréfaction / moins de 5kg produit
Prix: 1,26€ /le gramme

MASTER XU’S GOLD BUDDHA 金佛 2014
Lieu de production :  Jiu Long Ke
Cultivar :  Jin Fo 
Traitement: Forte torréfaction / moins de 5kg produit
Prix: 1,15€ /le gramme

MASTER XU’S 100 YEARS OLD SHUI XIAN 水仙 2014 
Lieu de production :  Shui Lian Dong
Cultivar :  Shui Xian 
Traitement: Torréfaction intermédiaire / 5 à 7kg produit
Prix: 1,15 € /le gramme

MASTER XU’S DA HONG PAO 大红袍  2014 
Cultivar: Da Hong Pao
Prix: ? € /le gramme


PARAMETRES
Dosage: 3 Grammes dans mes mini Gaiwan de 5 cl.
Température: 100° 

FEUILLES SECHES
Master Xu’s Gold Buddha 2013  
Les plus petites. confiture, caramel
Master Xu’s Gold Buddha 2014 
café, fruité
Master Xu’s 100 years old Shui Xian 2014
Les plus larges. café, boisé
Master Xu’s Da Hong Pao 2014
café, cacao, confiture

INFUSION N°1
Master Xu’s Gold Buddha 2013  
Il semble très doux. Sa texture est ronde, sa saveur sucrée. La torréfaction bien maîtrisée n’est pas du tout dominante, le thé est fruité avec une finale vanillée.
Master Xu’s Gold Buddha 2014 
Tout aussi rond en texture et sucré en saveur, il présente en plus une saveur plus acide. Ce Yancha est aussi très vanillé mais son acidité met en valeur son côté fruité lui apportant une grande fraîcheur. 
Master Xu’s 100 years old Shui Xian 2014
Il est le plus acide de tous. Je ressens nettement moins son côté fruité. Il me semble plus boisé avec un côté très frais, résineux. 
Master Xu’s Da Hong Pao 2014
C’est celui qui me semble le plus complexe au niveau aromatique : café, fruité (l’acidité de la groseille, avec un pôle fruits noirs bien marqué). Sa texture est à la fois acide et sucrée : Il est le plus puissant et le plus concentré. 

INFUSION N°2
Master Xu’s Gold Buddha 2013  
Attaque plus boisée lors de la deuxième infusion. Finale vanillée. sucrée, très rond.
Master Xu’s Gold Buddha 2014 
Belle acidité, fruité, vanillé, épais.
Master Xu’s 100 years old Shui Xian 2014
Boisé, le plus acide, frais mais charpenté.
Master Xu’s Da Hong Pao 2014
Puissant mais fruité (fruits noirs) , café, boisé.


CONCLUSION
Master Xu’s Gold Buddha 2013  
Léger, frais agréable. il parait moins fruité en comparaison avec le 2014.
Master Xu’s Gold Buddha 2014 
Le plus gourmand (abricoté, vanillé,).
Master Xu’s 100 years old Shui Xian 2014
Le plus austère dans ses notes aromatiques mais le plus acide en saveur. Assez charpenté.
Master Xu’s Da Hong Pao 2014
Le plus concentré et complexe.

Avant toute chose, je tiens à préciser que si ces quatre thés présentent des nuances différentes, ils sont tous les quatre excellents et très équilibrés mais avec différentes personnalités. Mon but ici est d’essayer de mieux percevoir les effets des terroirs, millésimes, de la torréfaction sur une même famille de thé, les Yancha, réalisée par un même producteur. C’est assez exceptionnel d’avoir autant d’informations sur les thés permettant de procéder à une véritable dégustation comparative.

Dans les quatre thés la torréfaction est extrêmement bien maîtrisée, même si le Shui Xian paraît plus boisé, plus « sec » il n’est pas torréfié à outrance, c’est juste un style différent qui finalement me plaît moins quand je le compare aux autres. Le Gold Buddha 2013 que j’avais adoré lors de la dernière dégustation me paraît très équilibré mais moins charmeur que le 2014 qui a davantage de fruit et de puissance (en comparaison le 2013 me paraît à peine fruité). Ce test est révélateur : j’adore le Jin Fo! et le 2014 est encore plus à mon goût que le 2013.

Surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout : le Da Hong Pao 2014. Il est excellent c’est le plus concentré et le plus complexe. Il est moins accessible que le Jin Fo, sa torréfaction est plus apparente, mais sa concentration fruitée également ce qui en fait un thé d’une grande puissance aromatique avec une belle longueur. C’est celui qui a le plus de caractère. Il a une force et une classe folle!

dimanche 8 mai 2016

C'est la théière qui choisit son thé...


J’ai reçu mes deux dernières Yixing, je vais donc commencer à les tester plus « sérieusement ». Mes cinq théières proviennent toutes de la Factory n°1 sauf la Long Dan qui a été fabriquée à la Factory n°5. Voici leurs cartes d’identité:

Shui Ping F1 « Dark »
10cl - 1987-93
Heini

Shui Ping F1 « Grain de beauté »
8cl - Hongni
J’aime tout particulièrement son défaut : un petit grain de beauté situé près de la base suite à un accident pendant la cuisson.

Shui Ping F1 « Mini »
4cl - 1987-93
Hongni

Qing Shui Ni F1 Commande privée n°12 « Lune »
9cl - Années 1990
Qing Shui Ni Cuite dans un four dragon.

Long Dan F5 « Oeuf de Dragon »
7cl - Années 1990
Hong Pi Long 


Pour commencer j’ai fait travailler mes théières simplement avec de l’eau. J’en ai profité pour rincer mes nouvelles recrues qui en avaient bien besoin après ce long voyage et après ces quelques dizaines d’années passées dans une boîte en attendant de trouver une maison et du thé! Je ne consacre jamais une infusion à mes théières comme on me l’avait suggéré lorsque j’achetais ma première théière à la M3T. Je préfère la rincer à l’eau bouillante 5 fois, 10 fois et simplement goûter l’eau : la théière se culottera d’elle-même au fil des infusions. D’ailleurs je n’ai jamais cru à la théière magique qui à force d’infuser le même thé garde son goût en mémoire etc. En faisant un test de l’eau avec toutes mes théières j’ai réalisé que même ma Nosaka que j’utilise depuis quelques années pour infuser des Ichibancha n’apporte pas un goût de sencha!  Et pourtant elle en a infusé une très grande quantité ! Quand j’ouvre le couvercle elle a des parfums frais, mais le souvenir des feuilles infusées n’est pas suffisant pour « parfumer » l’eau … Et heureusement, car tous les sencha infusés proviennent de cépages, de terroirs, de producteurs, de millésimes différents… ce serait catastrophique! Je ne pense donc pas que le thé laisse une empreinte irréversible dans la terre, du moins les thés que je consomme  (wulong d’oxydations intermédiaires, Yan Cha, Dan Cong, Puerh Sheng jeunes, Sencha…), par contre l’idée ne me viendrait pas d’utiliser une théière consacrée au Shu  pour infuser un Dan Cong! 


Jusqu’à présent la porcelaine me contentait parfaitement pour sa précision, sa facilité d’utilisation. Oui mais voilà cette année j’ai envie de revenir à la terre. La beauté de l’objet y est pour quelque chose, c’est agréable de manipuler une belle Yixing et si sa terre est efficace pour réaliser un bon thé c’est un ustensile merveilleux! Une belle terre accompagne l’amateur de thé longtemps … Je ne porte pas la même affection à une porcelaine. Mais encore faut-il trouver une belle terre, et la consacrer à un thé qui lui correspondra bien. J’ai choisi ces cinq théières avec une vague idée de thés mais en effectuant quelques tests j’ai dû parfois changer mes plans… car c’est la théière qui choisit son thé. Pour commencer, j’ai sorti mes terres anciennes, nouvelles, japonaises, chinoises, taïwanaises juste pour y infuser de l’eau.



Le pire effet sur l’eau est celui obtenu avec une théière achetée chez Terre de Chine il y a longtemps, suivi de très très près par la petite terre de la M3T. Les deux ont franchement un goût de vieille terre. Je ne vais pas épiloguer. Je les garde comme souvenir, elles sont mignonnes et me rappellent ma découverte du thé. Mais si j’ai très vite arrêter ma quête de Yixing pour me consacrer à la porcelaine ce n’est pas un hasard : ces terres sont franchement inutilisables.

Les terres qui me paraissent offrir le plus bel effet sont la Nosaka (toujours et encore! j’aime à la folie cette théière) et la mini Shui Ping Hongni. L’eau est douce sans aucun parfum parasite et la saveur naturellement sucrée de la Mont Roucous ressort intensément sur ces terres.

J’ai trouvé un goût de terre assez marqué sur la Shui Ping Heini, et la Qing Shui. mais le parfum de terre n’a rien à voir avec celui des médiocres terres évoquées plus haut. C’est un parfum « frais » qui disparaît complètement lorsqu’on y infuse du thé. La texture est interessante et le goût subtilement sucré est persistant.

La Shui Ping « grain de beauté » et la Long Dan n’ont aucune odeur de terre en comparaison avec la Heini et la Qing Shui et l’eau y est douce (moins douce que sur la Nosaka et la mini Shui Ping). Le goût est pur et précis mais la texture est moins interessante que sur les Heini et Qing Shui.


Comment les « affecter » à un thé?
Car même si je ne crois pas à la théière à mémoire magique, j’ai envie de restreindre chacune de mes théières à une famille de thé particulière juste pour le plaisir de sentir les parfums « fantômes » et éphémères des thés que j’y infuse. Et puis aussi pour avoir une certaine rigueur dans mes dégustations. Ça me parait plus méthodique comme approche, même si je suis très loin de la parfaite neutralité de la porcelaine.

Shui Ping F1 4cl - 1987-93 Hongni
La mini Shui Ping sera consacrée au Dan Cong pour ces raisons:
- Les Dan Cong que je consomme sont chers et je préfère utiliser une petite théière.
- J’aime la concentration extrême pour les Dan Cong et même en gardant les mêmes proportions thé/eau, je n’obtiens jamais de résultat aussi intéressant que sur un volume comme celui-ci.
- La terre, la finition, cette théière est d’une grande finesse. La terre retranscrit avec beaucoup de précision les parfums. Et les Dan Cong sont d’une grande complexité aromatique. Je ne pense pas pouvoir trouver de plus belle Yixing pour infuser mes thés favoris.

Qing Shui Ni F1 n°12  9cl - 1990’s
Elle est parfaite sur les Puerh Sheng. Lors de sa première utilisation je trouvais qu’elle sentait la terre mais c’est parti immédiatement lorsque j’y ai infusé un jeune Puerh. Je l’ai essayée avec un Wulong d’oxydation intermédiaire le résultat était mon intéressant. Sur les jeunes Puerh elle est parfaite : elle «lisse» l’astringence et intensifie l’impression d’épaisseur en bouche. J’aime beaucoup son impact sur le thé et c’est aussi sans hésitation que je lui destine cette famille. 

Long Dan F5 7cl -  Années1990 Hong Pi Long
j’avais commencer par la dédier aux wulong peu oxydés mais sa terre légèrement plus poreuse convient mieux au Yancha. Sa contenance est parfaite pour une belle concentration tout en respectant la richesse aromatique de cette famille.


Par contre je ne suis pas vraiment décidé concernant les deux dernières. je les ai donc testées avec le Dong Ding Qing Xiang d’Akira : C’est un thé classique, aromatique, parfait pour effectuer mes tests. J’ai préparé ce même thé en gaiwan pour avoir un point de repère neutre.


PARAMÈTRES
3 grammes / 6 cl  /  eau :100°

Shui Ping F1 10cl - 1987-93 Heini
Vs
Shui Ping F1 8cl 

Instinctivement j’étais partie pour utiliser la Shui Ping de 8cl pour les wulong de faible oxydation car aucune odeur de terre n’est perceptible et j’avais peur que la Heini réagisse mieux face à des thés aux notes plus profondes. Mais j’ai été extrêmement surprise de constater à la dégustation l’effet opposé! La Heini est précise pour restituer toutes les notes de têtes et développe une très belle texture onctueuse avec une finale plus persistante. Le Dong Ding ressort très bien dans la Heini. Je dédierai donc ma Shui Ping 8cl aux wulong d’oxydation plus poussée tandis que ma Shui Ping Heini sera consacrée au wulong d’oxydation faible à intermédiaire. 


jeudi 28 avril 2016

Huang Shan Shu 2015 - EoT


Famille de thé: Hei Cha, Puerh Sheng 
Théiers / Cultivars: Gushu
15 théiers anciens sélectionnés sur la parcelle
Provenance: Chine, Yunnan
Simao, Région de Bangwei, Village de Huang Shan Shu 
Fournisseur: EoT
Récolte: Agriculture sans pesticides
Millésime: 2015
Achat: Avril 2016
Prix: 0,48 € / le gramme


PARAMÈTRES
5 grammes / 9 cl Yixing /  eau :100°


DÉGUSTATION 
Feuilles sèches Très belles et grandes feuilles. la compression est délicate, on détache très facilement les feuilles.
Porcelaine chaude Fruité, végétal.
Texture très rond et épais.
saveur sucrée avec une pointe d'acidité.


Première Infusion 
Agrumes, végétal, floral. Texture très intéressante. Un puerh frais et puissant à la fois.
Quelques infusions plus tard
Il reste équilibré sans astringence ni amertume. Au contraire il semble évolué sur un pôle de plus en plus sucré, vanillé et surtout abricoté et pêche bien mûre. Sa longue finale sur des notes fraîches fruitées et florales est très agréable.


Il est endurant et stable au fil des infusions. Un puerh qui ne se démarque pas tant par une explosion aromatique (comme c’était le cas pour le Du Mu Shu) que par sa texture. Il est d’une grande rondeur, velouté, épais et persistant. Un puerh jeune élégant au goût puissant et équilibré. 


Et puis j'en profite pour glisser quelques photos de ma belle, très belle, magnifique Yixing ....
(Si quelqu'un peut me traduire ses inscriptions...?)


Si il est vrai que ses premiers passages d'eau étaient marqués par une odeur de terre, ce "défaut" a complètement disparu dès que j'y ai infusé son premier thé : un Puerh Sheng... Comme quoi cette jolie petite terre ne demandait qu'un peu d'amour, de lumière et un bon thé pour étancher sa soif. Il n'y a rien de pire qu'une terre morte sans affection...

La voilà ressuscitée et son thé est délicieux. 
Je n'ose même pas lui proposer autre chose à boire que du jeune Sheng tant elle a l'air heureuse!